Il existe presque à coup sur plusieurs espèces proches de ces poissons, les plus petits des Petrochromis (Rappelons que génétiquement ils sont aussi différents des gros Petrochromis dont nous avons parlé plus haut que des Tropheus), avec une taille adulte de 12 à 16 cm selon les variétés géographiques. Comme Petrochromis famula a été décrit avec comme localité d'origine "lac Tanganyika" il est difficile de savoir de quelle population il est question dans la description d'origine (tout ce que l'on sait c'est qu'il s'agit d'une des formes du nord-ouest du lac), et la description des nouvelles espèces nécessitera donc en plus une nouvelle revue de l'espèce décrite.
Reste que la forme des poissons de ce groupe varie de façon importante selon la localité, si bien que la population de Nyanza lac a été importée pendant des années comme "Petrochromis polyodon", dont tout le monde ignorait l'apparence vivante à l'époque, tellement elle différait des formes "en cigare" de la côte ouest.
Les mâles de cette super-espèce, bien que beaucoup plus petits que les autres espèces de Petrochromis avec qui ils cohabitent, parviennent à maintenir des territoires rocheux dans le même biotope en sélectionnant des grottes trop petites pour les grandes espèces, et en les défendant avec ténacité. Leur territoire est assez petit, et toujours centré sur une anfractuosité où ils se réfugient en cas de danger, et qu'ils ne quittent en fait que pour se nourrir ou parader.
Les femelles et les individus subadultes se regroupent en bancs nombreux, parfois de plusieurs centaines d'individus, et errent dans le biotope rocheux en en en profitant pour razzier les territoires des gros herbivores, qui ne peuvent rien faire contre une telle horde.
C'est pour cela qu'ils sont assez faciles à capturer pour les exportateurs de poissons d'aquarium, et pourquoi les spécimen arrivent en général à une taille assez petite, et sans mâle très coloré ou presque.
Il semblerait que contrairement aux poissons de la lignée I, les femelles de ce groupe ne maintiennent pas de territoire propre dans le milieu naturel. Par contre, quand elles sont prêtes à pondre, elles quittent leur banc de "SDF" et vont s'installer dans le territoire des mâles, comme le font les femelles Tropheus.
Au niveau variation géographique, et sous réserve, il semble exister au moins 5 espèces distinctes:
- la forme du nord-ouest du lac, probablement nominale, qui se rencontre à Luhanga, Pemba, Mboko, et le long de la péninsule de l'Ubwari, en particulier à Kiriza.
Elle est importée sous le nom de Petrochromis famula "blue Bemba" ou "Ubwari blue dream", et présente un masque et des nageoires impaires bleues.
- la forme de la côte nord-est, qui présente un corps marron clair et des nageoires oranges, surtout la dorsale qui peut être très vivement colorée, et que l'on rencontre de Ruziba à Halembe, avec des populations chromatiquement intéressantes à Nyanza lac et dans les alentours de Kigoma, en particulier au cap Bangwe d'où il est exporté sous le nom de Petrochromis famula "red dorsal" ou "orange fin".
- la forme de la côte est et sud, du centre de la Tanzanie à la Zambie, avec un corps plus haut et une taille assez grande, qui se rencontre au moins de Luagala point à Chimba , avec un corps marron orné de six bandes noires, une tête marron, et des nageoires bleues vermiculées. C'est un poisson importé comme Petrochromis famula "Kamwimba", "Kapemba", "Kilewani blue mask".
Il en existe des populations importantes à Nkondwe island, à Chimba, à Karema.
A noter une forme donnée comme de Mtosi exportée par african diving il y a quelques années, et dont la nageoire n'est pas bleue, mais jaune doré.
- la forme de la côte sud-ouest, de Katete au sud de Zongwe, connue sous le nom de Petrochromis sp. "Kaiser", et caractérisée par la présence d'une barre blanc clair à violacé chez les mâles, avec un iris blanc barré de noir tranchant sur la tête brun foncé.
Cette espèce a été importée au temps de feu Africa depuis Moliro, Kalo, Kasenga, et d'autres localités proches. La plus jolie population, Petrochromis sp. "Texas gold" provient probablement de la zone entre Kapampa et Zongwe, et se rencontre encore de temps à autre.
- Enfin, la dernière espèce,est rencontrée de Zongwe à Tembwe I et peut être plus au nord, mais aucune information n'est disponible de cette zone du lac. Elle est très proche de l'espèce précédente, et n'en est peut être qu'une forme géographique. Il s'agit de la forme la plus trapue et la moins "petrochrominienne" de toutes, avec des poissons qui mesurent un petit 12 cm dans le milieu naturel, et semblent avoir plutôt un caractère de Tropheus.
Cette espèce est exportée comme Petrochromis famula Sangala des alentours de Zongwe, et comme Petrochromis sp. "Tembwe silver" de cap Tembwe. Elle existe aussi à Moba, où Konings l'a autrefois photographié.

Petrochromis famula "Sangala"
La territorialité semble être beaucoup plus faible chez ces poissons que chez les autres Petrochromis, ce qui fait qu'en sus de leur taille inférieure, de nombreux aquariophiles ont relativement du succès avec ces poissons.